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Dans le cadre de la validation de mon diplôme d’équithérapeute à la Société Française d’Equithérapie, j’ai dû effectuer un travail de recherche. La problématique de mon mémoire était la suivante:

L’équithérapie peut-elle permettre à l’enfant de développer son intelligence émotionnelle afin de renforcer ses capacités d’adaptation, nécessaires au franchissement des différentes étapes de sa vie?

Passionnée par ce sujet, j’ai pris un certain plaisir à élaborer ce travail de recherches, tant au niveau bibliographique que pour mener une enquête de terrain, en interrogeant les principaux acteurs concernés par ce sujet: des équithérapeutes français, des enfants bénéficiant de séances d’équithérapie et leurs parents. Il me semble opportun de faire partager via mon blog une petite partie de mon écrit, sous une forme résumée:

« Les chevaux sont capables de lire et ressentir les émotions tant chez leurs congénères qu’auprès des humains. Selon moi, le travail en interaction avec les chevaux permet d’établir un équilibre entre les pensées et les émotions. Cet équilibre constitue, à mon avis, la clef de notre bien-être.

Par exemple, certaines entreprises utilisent ce concept en faisant appel à l’équi-coaching. Le but de cette démarche est d’améliorer leur leadership en développant l’intelligence émotionnelle de leurs employés. Cette méthode donne au participant des outils pour parvenir à une meilleure connaissance de soi, à l’amélioration de sa communication et à la gestion du stress. Elle permet également de favoriser l’empathie et l’esprit de collaboration. Les bénéfices de cette formation semblent porter leurs fruits et ce type de stage s’exerce de plus en plus au sein de diverses entreprises.

            L’intelligence émotionnelle peut être développée, travaillée et entraînée. Même si cette faculté est innée, elle peut certainement être enrichie dès l’enfance, période propice à l’enracinement des aptitudes. La stimulation de cette forme d’intelligence particulière par l’équithérapie permettrait à l’enfant d’optimiser sa communication dès son plus jeune âge, et de cultiver sa connaissance et son affirmation de soi. Cette construction émotionnelle constitue une véritable source d’adaptation efficace aux futures étapes de la vie, d’où ma curiosité par rapport à la possibilité d’intervenir à ce niveau le plus tôt possible au cours du développement.

Aujourd’hui, pour réussir, j’ai la conviction que notre capacité à gérer nos émotions compte autant que l’acquisition de compétences purement techniques.  L’intelligence des rapports sociaux, notamment,  me semble être un atout supplémentaire.

Mon travail de mémoire a permis d’apporter des éléments de réponses et d’illustrer d’une manière plus concrète les méthodes utilisées par les équithérapeutes pour mener un travail sur les émotions auprès de l’enfant. Il est indéniable que l’équithérapie constitue un contexte particulièrement adapté et favorable au développement de l’intelligence émotionnelle. Néanmoins, le développement émotionnel de l’enfant est étroitement lié à son développement psychoaffectif et cognitif. De ce fait, chaque prise en charge d’enfant dans ce contexte particulier en équithérapie est unique et dépend de l’histoire personnelle de chacun.

Ainsi, l’anamnèse effectuée au préalable par le thérapeute sera décisive dans l’élaboration du projet de prise en charge. Finalement, malgré les outils et méthodes décrites d’une part par les scientifiques et d’autres part par les équithérapeutes, aucune ligne de conduite ne semble universelle et le développement de l’intelligence émotionnelle de l’enfant ne peut se faire de manière constructive qu’en prenant en considération chaque enfant dans son unicité. De même, si l’intelligence émotionnelle de l’enfant est stimulée au cours des séances d’équithérapie, le degré de renforcement de ses capacités d’adaptation sera également différent selon l’enfant pris en charge et son histoire personnelle.

          Ce travail spécifique est d’autant plus constructif qu’il entre en jeu de manière précoce, c’est à dire lorsqu’il intervient dès l’enfance: période clé où s’ancrent les habitudes psychologiques qui orienteront la vie de l’individu. Encore une fois, il ne peut être mené efficacement par le thérapeute que s’il prend en considération de manière suffisante l’intrication entre le développement émotionnel de l’enfant et son développement psycho affectif et cognitif.

Les différentes théories scientifiques mettent en évidence que l’intelligence humaine présente de multiples facettes. Or, le concept d’intelligence dans notre société est largement et majoritairement illustré par la réussite scolaire et professionnelle, mettant sur un second plan le développement des autres formes d’intelligence et notamment celle de l’intelligence émotionnelle.

Cependant, les mœurs évoluent sur ce sujet et certaines écoles commencent à instaurer des programmes susceptibles d’encourager l’enfant à développer son intelligence à travers d’autres facettes. Ces initiatives ont pris un réel essor dans les pays nordiques et aux Etats Unis. Il me semble opportun de citer comme exemple le Collaborative for Academic, Social and Emotional Learning, une association basée à l’université de l’Illinois à Chicago. Cette fondation à l’initiative de Daniel Goleman et Linda Lantieri[1] , dont je parle dans la partie théorique de mon travail de recherche, a établi les principes de l’éducation socio-émotionnelle et favorisé son intégration dans les cursus scolaires du monde entier. Ces projets d’éducation socio-émotionnelle commencent à se développer également en France et j’ai la chance d’avoir eu l’opportunité de m’investir dans un projet similaire au sein d’un collège sarthois. En effet, l’équipe pédagogique du collège Saint Jean Baptiste de la Salle à Téloché (72220), a élaboré un projet qui se nomme Equi-Libre et qui a pour but « d’encourager les élèves à progresser par des voies différentes » en utilisant la médiation avec le cheval.

Il me semble que l’élaboration de tels projets contribue largement au développement de l’intelligence émotionnelle de l’enfant et que l’instauration de l’équithérapie dans ce contexte constitue un véritable atout qui mériterait d’être développé. »